Au Burkina Faso, l’accès à l’état civil demeure un enjeu majeur de protection et de garantie des droits fondamentaux. L’enregistrement des naissances, qui permet à chaque enfant d’établir son identité juridique, reste confronté à plusieurs obstacles d’ordre géographique, économique, culturel et administratif. Ces difficultés peuvent notamment affecter les populations et les communautés, limitant leur accès aux services et documents d’état civil.

Consciente de ces défis, l’Association Tin Tua, avec l’accompagnement de la Direction générale de la modernisation de l’état civil (DGMEC) et l’appui financier de l’Association Mondiale des Amis de l’Enfance (AMADE), met en œuvre le projet « Un État Civil pour tous au Burkina Faso – Phase II ».

Le projet intervient dans les communes de Tenkodogo et Koupéla, dans la région du Nakambé, ainsi qu’à Kaya, dans la région des Kuilsé. Il vise notamment à contribuer à l’amélioration de l’accès des populations, particulièrement des enfants, aux services et documents d’état civil.

Une attention particulière est accordée à la digitalisation des services, à l’interopérabilité entre les services de santé et ceux de l’état civil, ainsi qu’à l’accompagnement des familles pour l’obtention des actes de naissance au profit des enfants qui en sont dépourvus.

Pour atteindre cet objectif, Tin Tua mise sur une approche de proximité reposant sur l’implication active des acteurs au sein des communautés. Deux catégories d’acteurs jouent ainsi un rôle essentiel dans la mise en œuvre des actions : les pairs éducateurs et les leaders communautaires et religieux.

Dans cette dynamique, 60 pairs éducateurs, composés d’Agents de santé à base communautaire (ASBC) et d’agents des centres secondaires d’état civil, ont été identifiés et mobilisés. Une session de formation a été organisée à leur profit afin de renforcer leurs connaissances sur l’état civil et de les outiller en matière de sensibilisation communautaire, d’identification et de recensement des enfants ne disposant pas d’un acte de naissance.

Ces pairs éducateurs constituent des relais de proximité. Leur connaissance des réalités locales leur permettra d’aller au contact des familles, de sensibiliser les communautés à l’importance de la déclaration des naissances et d’identifier les enfants qui rencontrent des difficultés d’accès à leur acte de naissance.

Parallèlement à la formation des pairs éducateurs, Tin Tua a organisé des ateliers de sensibilisation et d’engagement des leaders communautaires et religieux dans les communes ciblées.

Chefs coutumiers, responsables religieux et autres personnes ressources disposent d’une forte influence au sein des communautés. Leur implication constitue donc un levier important pour favoriser l’adoption de comportements favorables à l’enregistrement systématique des naissances.

À travers ces ateliers, les leaders ont été sensibilisés aux enjeux liés à l’état civil et invités à s’engager davantage dans la promotion de l’enregistrement des naissances au sein de leurs communautés. Ils sont appelés à devenir de véritables ambassadeurs de l’état civil, en relayant les messages de sensibilisation, en encourageant les parents à déclarer les naissances et en orientant les familles vers les services compétents.

La formation des pairs éducateurs et l’engagement des leaders communautaires et religieux s’inscrivent ainsi dans une même dynamique : rapprocher l’état civil des populations et lever les obstacles qui empêchent certains enfants d’accéder à leur identité légale.

Cette complémentarité entre acteurs techniques, relais communautaires et leaders d’opinion doit permettre de renforcer la sensibilisation, d’améliorer l’identification des enfants sans acte de naissance et de faciliter leur accompagnement vers les services compétents.

À travers cette démarche, Tin Tua entend contribuer à faire de l’état civil une responsabilité partagée et un véritable instrument de protection de l’enfant, d’accès aux droits et de citoyenneté.

L’ambition est claire : faire en sorte qu’aucun enfant ne soit privé de son identité juridique en raison de son lieu de résidence, de sa situation sociale ou des difficultés rencontrées par sa famille.

À travers le projet « Un État Civil pour tous au Burkina Faso – Phase II », Tin Tua et ses partenaires réaffirment leur engagement à œuvrer pour un état civil plus accessible, inclusif et adapté aux réalités des communautés.

Parce que chaque naissance compte, chaque enfant doit pouvoir disposer d’un acte de naissance.

« Un enfant, un acte de naissance »

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