Dans plusieurs communes de la région du Nakambé, les déplacements de populations et les multiples défis qui en découlent contribuent à fragiliser les relations sociales et les mécanismes traditionnels de solidarité. Cette situation peut alimenter des tensions autour de l’accès et de la gestion des ressources, ainsi que des incompréhensions entre groupes sociaux. Elle peut également limiter la participation de certaines composantes de la population aux espaces de dialogue et aux mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits.

Les jeunes et les femmes, en particulier, demeurent encore insuffisamment représentés dans certains espaces de décision et de concertation communautaire, alors qu’ils constituent des acteurs essentiels de la prévention des conflits, de la promotion de la paix et du renforcement de la cohésion sociale.

Face à ces défis, le renforcement des initiatives locales de dialogue et de rapprochement apparaît comme un levier essentiel pour restaurer la confiance, favoriser la compréhension mutuelle et prévenir les tensions au sein des communautés.

C’est dans cette dynamique que l’Association Tin Tua, avec l’appui financier de Irene M. Staehelin Foundation, dans le cadre du projet RESISTE-CE, a organisé des initiatives communautaires de cohésion sociale dans les communes de Tenkodogo, Ouargaye et Sangha.

Ces initiatives ont offert aux différentes composantes des communautés un cadre convivial de rencontre, d’échange et de partage. Elles ont permis aux participants de mieux se connaître, de dialoguer autour des préoccupations communes et de renforcer les liens sociaux. Elles ont également constitué une occasion de promouvoir des valeurs essentielles au vivre-ensemble, notamment la tolérance, la solidarité, le respect mutuel, l’écoute et l’entraide.

À Tenkodogo, la Journée des communautés a constitué un espace de rencontre, de dialogue interculturel et de valorisation de la diversité socioculturelle. Elle a réuni différentes composantes des communautés, notamment des femmes, des jeunes, des leaders communautaires et des autorités locales, ainsi que des ressortissants de communautés étrangères, en particulier du Togo, du Niger et du Mali.

Cette rencontre a permis aux participants de partager leurs expériences, de mieux comprendre leurs réalités respectives et de réfléchir ensemble aux moyens de renforcer la cohésion sociale. Elle a également mis en lumière la richesse de la diversité culturelle, considérée non pas comme un facteur de division, mais comme une véritable opportunité de rapprochement et de renforcement des liens entre les communautés.

Parmi les temps forts de ces journées, un tournoi de football intercommunautaire a permis de mobiliser les jeunes autour d’une activité sportive placée sous le signe du fair-play, de la fraternité et du vivre-ensemble.

Au-delà de la compétition, le tournoi a constitué un véritable espace de rencontre et de rapprochement entre les différentes communautés. Sur le terrain comme dans les tribunes, jeunes, femmes, leaders communautaires et populations ont partagé des moments de convivialité et d’encouragement.

La compétition s’est achevée par la victoire de l’équipe représentant les communautés Bissa et Gourounssi, dans une ambiance empreinte de joie et de fraternité. Cette victoire, célébrée par les participants, a surtout illustré l’esprit de solidarité et de cohésion qui a marqué l’ensemble du tournoi.

À travers ces activités à Tenkodogo, Ouargaye et Sangha, les communautés ont eu l’opportunité de se retrouver dans un cadre propice au dialogue, à l’écoute et au partage.

En créant des espaces où chacun peut s’exprimer, écouter l’autre et participer à la recherche de solutions, ces initiatives contribuent à restaurer la confiance et à renforcer le sentiment d’appartenance à une même communauté. Elles favorisent également une participation plus inclusive des jeunes et des femmes dans les dynamiques locales de paix et de cohésion sociale.

La cohésion sociale ne se construit pas uniquement à travers les interventions institutionnelles. Elle se nourrit aussi des rencontres, du dialogue, de l’écoute, de la solidarité et de la capacité des communautés à rechercher ensemble des réponses aux défis qui les concernent.

À travers le projet RESISTE-CE, l’Association Tin Tua et Irene M. Staehelin Foundation contribuent ainsi à soutenir des dynamiques locales qui placent les communautés au cœur de la construction de la paix. Ces journées de cohésion sociale constituent autant d’occasions de renforcer les liens, de valoriser la diversité et de promouvoir un vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le respect et la solidarité.

À Sangha, Ouargaye et Tenkodogo, les initiatives soutenues par le projet RESISTE-CE s’inscrivent dans cette dynamique : faire du dialogue un outil de rapprochement, de la diversité une richesse et de la participation citoyenne un moteur de paix durable.

En donnant aux jeunes, aux femmes, aux leaders communautaires, aux personnes déplacées internes et aux autres composantes de la société des espaces pour se rencontrer et agir ensemble, ces initiatives contribuent à faire émerger une dynamique collective en faveur d’une région plus solidaire, plus inclusive et résolument engagée pour la paix et le vivre-ensemble.